Martin Bellerose (ps. éd. ; M. Sc.) Psychoéducateur et Psychothérapeute (514) 433-1577 1497 Blv. Saint-Joseph Est Montréal, Québec (Canada) (près du métro Laurier de 5 à 20 minutes selon la ligne d’autobus 27, 47,14) Courriel : mbellerose_psed@yahoo.ca |
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Comment parler à un enfant du problème de santé mentale d'un proche?
Extrait du trimestriel Le Mot à Maux, Printemps 2002, p.15-16. Vous pouvez vous procurer le journal à La Lueur du Phare de Lanaudière : 1 (800)-465-4544 Auteurs : Martin Bellerose, Psychoéducateur Catherine Day, Éducatrice spécialisée
Lorsque la personne atteinte d’un problème de santé mentale est le père, la mère, le frère ou la soeur d’un enfant en bas âge, il est souvent difficile pour l’entourage d’expliquer à l’enfant ce qui se passe et de répondre à ses questions. Quoi dire, quoi ne pas dire, comment le dire?
Certaines personnes seront portées à cacher la vérité aux enfants, soit parce qu’elles craignent qu’ils ne puissent pas comprendre la situation soit, par souci de leur épargner cette nouvelle réalité. Par contre, il ne faut pas sous-estimer la compréhension des jeunes enfants. Ils ne peuvent peut-être pas comprendre toute l’ampleur et l’étendue du problème, mais ils sentent sans aucun doute que quelque chose se passe. En effet, ils ont probablement remarqué que la personne qu’ils aiment a changé. Les enfants ressentent très bien les tensions et les émotions vécues par les membres de leur entourage, les vôtres, entres autres. Tout comme vous, il peut être difficile pour eux de bien saisir ce qui se passe s’ils n’ont pas les informations pertinentes leur expliquant la situation. Comment arriveront-ils à avoir une compréhension juste si personne ne les éclaire?
Il est important de leur expliquer dans un langage clair et simple ce qui se passe et ce que vit la personne atteinte. Tentez de comprendre d’où viennent leurs inquiétudes. Vous n’êtes pas obligés d’expliquer la situation de long en large, l’enfant ne comprendra pas de toute façon. C’est pourquoi, il est important de connaître les questions qu’il se pose et de cerner ce qu’il a besoin de savoir. Essayez d’imager vos explications, ce sera alors plus facile pour l’enfant de faire des liens.
Par exemple, pour expliquer à votre enfant de six ans qu’un de ses parents souffre de dépression, vous pouvez dire: «Te souviens-tu quand Max (le chien) est décédé? Tu as eu beaucoup de peine. Tu ne voulais plus voir tes amis, ni manger. Parfois papa se sent ainsi. Il a de la peine, il n’a pas le goût de manger et il dort beaucoup. Tu sais que c’est notre cerveau qui nous permet de faire tout ce que l’on fait, comme lever un doigt, rire ou pleurer. Eh bien, chez papa, les commandes de son cerveau ne fonctionnent pas toujours bien, papa doit alors prendre des médicaments tous les jours pour être plus heureux et avoir le goût de manger, etc. Papa s’occupe moins de toi à cause de cette grande peine en lui, mais il t’aime beaucoup... Dis-moi, qu’as-tu compris de ce que je t’ai dit?»
Une des bonnes raisons pour ne pas cacher la vérité à l’enfant est qu’il aura un jour ou l’autre à faire face soit à des préjugés, soit à des questions de la part de son entourage concernant les comportements de la personne atteinte. Il est donc important de bien l’outiller pour qu’il puisse éventuellement bien vivre la situation. Ainsi, il se sentira moins mal à l’aise face au questionnement des autres. Par le fait même, il pourra expliquer la situation à sa façon, selon la compréhension qu’il en aura.
À l’exemple de la dépression du père, l’enfant pourra maintenant répondre à son professeur: «Mon père a de la peine comme lorsque j’ai perdu mon chien. Il prend des pilules qui vont l’aider à sourire. Il doit parler avec un monsieur qui va l’aider à ne plus avoir de la peine».
Une autre raison de donner des explications à un enfant, c’est que sans information, il se fera son propre scénario en s’impliquant personnellement en tant que cause du problème. Il se donnera ses propres réponses qui risquent fort d’être fausses. Exemple: «Mon père est malade parce que j’ai été méchant avec lui l’autre jour. Il ne m’aime plus. C’est pour ça qu’il pleure tout le temps et qu’il reste dans sa chambre».
Comportements à éviter :
Comportements à adopter :
En terminant, dites-vous que l’enfant vit, comme vous, une situation difficile par rapport à son proche atteint d’un problème de santé mentale. Si vous avec de la difficulté à en discuter avec l’enfant et si vous sentez qu’il est très affecté par ce qu’il vit, vous pouvez aviser son professeur et demander que l’enfant puisse rencontrer un éducateur spécialisé, un psychoéducateur ou un psychologue (tout dépendant des services offerts à l’école ou en pratique privé), afin qu’il puisse parler de la situation avec lui.
En développant un réseau de soutien pour votre enfant, vous lui donnez l’occasion d’avoir une aide à l’extérieur de la maison. Un endroit où il lui sera permis de dire tout ce qu’il pense, sans avoir peur de vous blesser ou de vous déplaire.
Suite la lecture de ce texte, si vous pensez avoir besoin d'une aide professionnelle afin de voir plus claire concernant votre situation personnelle, je vous invite me contacter au numéro ci-dessous. Il me fera un grand plaisir de vous accompagner dans votre cheminement.
Martin Bellerose Le Double-Psy Psychoducateur et Psychothrapeute (514) 433-1577 Montral, Qubec (Canada) Courriel : mbellerose_psed@yahoo.ca http://ca.geocities.com/mbellerose_psed/ N.B. :J’ai obtenu l’accord de l’éditeur de cet article pour son utilisation et pour sa diffusion. Je vous autorise à utiliser ce texte dans son intégralité, sans modification, pour usage personnel seulement. Toutes autres fins d’utilisation nécessitent l’accord des auteurs et de l’éditeur.. Merci
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